Qu’est-ce qu’une AIPD dans le cadre du RGPD ?
Réponse directe
Une Analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) est requise en vertu de l’article 35 du RGPD lorsque le traitement est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes. Cela inclut le profilage systématique avec des effets juridiques, le traitement à grande échelle de catégories particulières de données et la surveillance systématique d’espaces publics.
Une AIPD doit décrire le traitement, évaluer la nécessité et la proportionnalité, identifier les risques et définir les mesures d’atténuation. Si le risque résiduel reste élevé après atténuation, le responsable du traitement doit consulter l’autorité de contrôle en vertu de l’article 36.
Qui réalise l’AIPD, et qui doit y être associé ?
Le responsable du traitement doit veiller à ce que l’AIPD soit effectuée (article 35(2)). Le travail peut être confié à quelqu’un d’autre, en interne ou à l’extérieur, mais le responsable du traitement en reste comptable.
Trois autres acteurs ont un rôle défini :
- Le délégué à la protection des données, s’il en a été désigné un. Le responsable du traitement doit demander son conseil, et les lignes directrices reprises par le CEPD précisent que ce conseil, ainsi que les décisions prises, doivent figurer dans l’AIPD. Voir un DPO peut-il être externe ?
- Les sous-traitants. Lorsqu’un sous-traitant effectue tout ou partie du traitement, il aide le responsable du traitement et lui fournit les informations nécessaires (article 28(3)(f)).
- Les personnes concernées ou leurs représentants. Le cas échéant, le responsable du traitement recueille leur avis (article 35(9)), par exemple au moyen d’une enquête ou d’une question aux représentants du personnel. S’il y renonce, ou s’il décide à l’encontre de cet avis, il documente pourquoi.
Quand faut-il réaliser l’AIPD, et quand la revoir ?
Avant le traitement (article 35(1)). Les lignes directrices recommandent de commencer le plus tôt possible dans la conception, même si certains éléments sont encore inconnus, puis de mettre l’analyse à jour au fil du projet. Le fait qu’une AIPD devra peut-être être actualisée après la mise en service ne justifie pas de la reporter.
L’AIPD est un processus continu, pas un exercice ponctuel. L’article 35(11) impose au responsable du traitement de vérifier que le traitement reste conforme à l’analyse, au moins lorsque le risque évolue : nouvelle technologie, nouvelle finalité, nouveaux destinataires ou nouvelle catégorie de personnes concernées. Les traitements existants sont aussi concernés lorsque leurs risques changent.
Le point de départ est en général le registre des activités de traitement : il décrit déjà la finalité, les données, les destinataires et les transferts que l’AIPD doit évaluer. Savoir si une activité exige une AIPD est traité dans quand une AIPD est-elle obligatoire ?
Que se passe-t-il si le risque résiduel reste élevé ?
Si les mesures identifiées ne ramènent pas le risque à un niveau acceptable, vous devez consulter l’autorité de contrôle avant le traitement (article 36(1)) et lui transmettre l’AIPD avec votre demande (article 36(3)). Les lignes directrices donnent des exemples de risque résiduel inacceptable : des conséquences importantes, voire irréversibles, pour les personnes, ou un risque dont la réalisation paraît évidente, comme une vulnérabilité connue laissée sans correctif.
Si l’autorité estime que le traitement enfreindrait le RGPD, elle rend un avis écrit dans un délai maximum de huit semaines à compter de la réception de la demande, prolongeable de six semaines selon la complexité du traitement (article 36(2)).
La nLPD suit une logique proche : l’article 22 impose une analyse d’impact pour les traitements susceptibles d’entraîner un risque élevé, et l’article 23 impose de consulter le PFPDT si un risque élevé subsiste malgré les mesures. Une entreprise privée qui a désigné un conseiller à la protection des données remplissant les conditions légales peut le consulter à la place. Voir le guide de la nLPD.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?
- La réaliser après le lancement. L’AIPD doit éclairer la décision de traiter : elle a sa place dans la phase de conception.
- Évaluer le risque pour l’entreprise plutôt que pour les personnes. L’AIPD adopte le point de vue des personnes concernées, à la différence d’une analyse de risques de sécurité de l’information, centrée sur l’organisation.
- Ne pas documenter la décision de ne pas en faire. Lorsqu’un traitement correspond aux critères de risque élevé mais que vous concluez qu’il n’est pas susceptible d’engendrer un risque élevé, les lignes directrices attendent que vous consigniez les raisons et l’avis du DPO.
- Lister des mesures jamais mises en œuvre. Les mesures prévues dans l’AIPD doivent exister en pratique, et l’analyse doit être revue quand elles changent.
- La classer et l’oublier. Au titre du RGPD, ne pas réaliser une AIPD requise, la réaliser de façon incorrecte ou ne pas consulter l’autorité lorsque c’est obligatoire peut entraîner une amende jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu.
Comment Acuna GRC s’en charge
Dans le module Data Privacy d’Acuna GRC, un questionnaire de pré-évaluation en neuf questions sur chaque activité de traitement indique si une AIPD est requise, et l’assistant AIPD (Seuil, Nécessité, Risques et Revue) démarre prérempli à partir de cette activité.
- Module
Protection des données
Activités de traitement, inventaire et flux de données, AIPD, DPA, TIA, demandes des personnes concernées et violations, avec un portail de confidentialité public.
- Solution
RGPD
Respectez le principe de responsabilité du RGPD : registre de l’art. 30 à jour, AIPD de l’art. 35 et la preuve que chaque demande et violation a tenu son délai.
- Service
DPO externalisé
Un DPO externalisé avec des experts suisses : registre des traitements, AIPD, demandes d’accès et violations gérés dans Acuna GRC, pour le RGPD et la nLPD.
Sources
- Groupe de travail « Article 29 », lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (WP248 rév.01), reprises par le CEPD
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 28, 35 et 36
Cette page explique les règles en termes généraux et ne constitue pas un conseil juridique.
Questions fréquentes
Faut-il publier l’AIPD ?
Non, le RGPD ne l’impose pas. Les lignes directrices encouragent à publier au moins un résumé ou une conclusion pour renforcer la confiance, surtout lorsque le public est concerné, mais l’AIPD complète n’est transmise à l’autorité de contrôle qu’en cas de consultation préalable ou sur sa demande.
Une seule AIPD peut-elle couvrir plusieurs traitements ?
Oui, s’ils sont similaires. L’article 35(1) permet une analyse unique pour un ensemble d’opérations de traitement similaires présentant des risques élevés similaires, par exemple la vidéosurveillance de toutes les gares d’un même exploitant ferroviaire. Un traitement de nature, de portée, de contexte ou de finalité différents exige sa propre analyse.
Qui décide si une AIPD est suffisante ?
Le responsable du traitement, sur conseil de son DPO s’il en a désigné un. Le RGPD lui laisse choisir sa méthode, pourvu que l’AIPD contienne au minimum les éléments de l’article 35(7) et constitue une véritable évaluation des risques qui débouche sur des mesures.
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