nLPD: la loi suisse sur les données personnelles.

Loi fédérale sur la protection des données (LPD, RS 235.1)

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La nLPD (loi fédérale sur la protection des données, RS 235.1) est la loi suisse sur la protection des données. La loi révisée s’applique depuis le 1er septembre 2023 et couvre les données personnelles des personnes physiques traitées par les entreprises privées et les organes fédéraux, y compris les traitements à l’étranger qui ont un effet en Suisse. Proche du RGPD sans lui être identique, elle demande un registre des traitements, des analyses d’impact pour les traitements à risque élevé et l’annonce des violations au PFPDT dans les meilleurs délais, et elle sanctionne les personnes responsables par des amendes jusqu’à 250 000 francs.

À qui s’applique la nLPD

La nLPD s’applique aux personnes privées et aux entreprises, ainsi qu’aux organes fédéraux, qui traitent des données personnelles concernant des personnes physiques (article 2). Les organes cantonaux et communaux relèvent du droit cantonal de la protection des données.

Depuis la révision, la nLPD ne protège plus que les personnes physiques. Les données concernant les entreprises et autres personnes morales ne sont plus des données personnelles, ce qui rapproche la loi du RGPD.

Sa portée territoriale suit le principe de l’effet (article 3) : la loi s’applique aux états de fait qui déploient des effets en Suisse, même s’ils se sont produits à l’étranger. Une entreprise établie hors de Suisse qui traite régulièrement et à grande échelle des données de personnes en Suisse, pour leur proposer des biens ou des services ou pour observer leur comportement, et dont le traitement présente un risque élevé, doit désigner un représentant en Suisse selon l’article 14.

Article 6 : les principes, sans base légale générale

Les données personnelles doivent être traitées de manière licite, conformément à la bonne foi et de manière proportionnée, pour une finalité reconnaissable par la personne concernée, et être exactes. Elles sont détruites ou anonymisées dès qu’elles ne sont plus nécessaires à la finalité.

C’est la principale différence avec le RGPD. Une entreprise privée n’a pas besoin d’une base légale pour chaque activité de traitement. Le traitement est permis tant qu’il respecte ces principes et ne porte pas une atteinte illicite à la personnalité de la personne. Lorsqu’il y porte atteinte, par exemple en traitant des données contre la volonté expresse de la personne, il faut un motif justificatif : le consentement, un intérêt privé ou public prépondérant, ou la loi (articles 30 et 31).

Lorsque le consentement est requis, il doit être libre et éclairé. Il doit être exprès pour le traitement de données sensibles et pour le profilage à risque élevé.

  • Les données sensibles comprennent les données sur les opinions religieuses, philosophiques ou politiques, la santé, la sphère intime, l’origine ethnique, les données génétiques et biométriques identifiant une personne, les poursuites pénales et l’aide sociale (article 5).
  • La protection des données dès la conception et par défaut (article 7) exige d’organiser le traitement pour respecter les principes, et de limiter par défaut le traitement au minimum nécessaire à la finalité.

Ce que doivent faire les responsables du traitement

Le tableau résume les obligations sur lesquelles la plupart des entreprises travaillent en premier. L’ordonnance sur la protection des données en précise les modalités.

Principales obligations de la nLPD pour les responsables du traitement privés
ObligationArticleCe que cela signifie en pratique
Sécurité des donnéesArt. 8 ; OPDo art. 1 à 6Des mesures techniques et organisationnelles adaptées au risque. L’ordonnance fixe des exigences minimales, et les enfreindre intentionnellement peut être puni d’une amende.
Sous-traitantsArt. 9Un sous-traitant peut être mandaté par contrat ou par la loi s’il traite les données comme le responsable pourrait le faire. Le responsable s’assure que le sous-traitant peut garantir la sécurité des données. Le recours à un sous-traitant ultérieur exige l’autorisation préalable du responsable.
Registre des activités de traitementArt. 12 ; OPDo art. 24Responsables et sous-traitants tiennent un registre de leurs activités de traitement. Les entreprises de moins de 250 collaborateurs en sont dispensées, sauf traitement de données sensibles à grande échelle ou profilage à risque élevé.
Devoir d’informerArt. 19 à 21Lors de la collecte, indiquer au moins l’identité du responsable, la finalité, les destinataires et les éventuels pays de destination. Les décisions individuelles automatisées doivent être signalées.
Analyse d’impactArt. 22 et 23Lorsqu’un traitement est susceptible d’entraîner un risque élevé pour la personnalité ou les droits fondamentaux, l’analyser au préalable. Si un risque élevé subsiste malgré les mesures, consulter d’abord le PFPDT.
Annonce des violationsArt. 24Annoncer au PFPDT dans les meilleurs délais une violation de la sécurité des données entraînant vraisemblablement un risque élevé. Informer les personnes concernées lorsque leur protection l’exige ou que le PFPDT le demande. Le sous-traitant informe le responsable dans les meilleurs délais.
Communication à l’étrangerArt. 16 et 17Les données peuvent aller vers un pays que le Conseil fédéral reconnaît comme adéquat. À défaut, des garanties appropriées sont nécessaires, comme des clauses contractuelles types, ou une exception doit s’appliquer.
Conseiller à la protection des donnéesArt. 10Facultatif pour les responsables privés. En désigner un qui remplit les conditions peut dispenser de consulter le PFPDT après une analyse d’impact.

Ce que les personnes peuvent vous demander

  • Droit d’accès (article 25) : toute personne peut demander si des données la concernant sont traitées et recevoir les informations nécessaires pour faire valoir ses droits, notamment les données elles-mêmes, la finalité, la durée de conservation, les destinataires et la provenance. La réponse est due dans les 30 jours (article 18 OPDo) et est en principe gratuite.
  • Remise ou transmission des données (article 28) : une personne peut demander à recevoir les données qu’elle a fournies dans un format électronique courant, ou leur transmission à un autre responsable, à certaines conditions.
  • Rectification, effacement et opposition : une personne peut demander la rectification de données inexactes et agir pour faire cesser un traitement ou détruire des données (articles 32 et 41).
  • Décisions automatisées (article 21) : une personne visée par une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, avec des effets juridiques ou une atteinte importante, peut demander à faire valoir son point de vue et à ce qu’une personne physique revoie la décision.

Article 24 : annoncer une violation

Une violation de la sécurité des données est une violation qui entraîne, de manière accidentelle ou illicite, la perte, l’effacement, la destruction ou la modification de données personnelles, ou leur divulgation ou mise à disposition à des personnes non autorisées (article 5).

Le responsable l’annonce au PFPDT dans les meilleurs délais lorsqu’elle entraîne vraisemblablement un risque élevé pour la personnalité ou les droits fondamentaux des personnes concernées. Il n’y a pas de nombre d’heures fixe, contrairement aux 72 heures du RGPD : les entreprises soumises aux deux lois travaillent en général au délai du RGPD, plus court. L’annonce indique au moins la nature de la violation, ses conséquences et les mesures prises ou envisagées.

Les personnes concernées sont informées lorsque leur protection l’exige ou que le PFPDT le demande. Le responsable documente chaque violation, y compris celles qu’il n’annonce pas. Pour un cas réel, voir la fuite Ricardo et la LPD.

Articles 60 à 66 : des amendes pour les personnes

Les dispositions pénales de la nLPD visent les personnes, pas les entreprises. Les autorités cantonales peuvent infliger aux personnes privées responsables une amende jusqu’à 250 000 francs pour des violations intentionnelles, comme fournir des informations fausses ou incomplètes aux personnes concernées ou au PFPDT, communiquer des données à l’étranger ou recourir à un sous-traitant en violation de la loi, ne pas respecter les exigences minimales de sécurité, violer le devoir de discrétion ou ignorer une décision du PFPDT.

Lorsque l’identification de la personne responsable exigerait une enquête disproportionnée, l’entreprise elle-même peut être condamnée à une amende jusqu’à 50 000 francs (article 64).

Le PFPDT n’inflige pas d’amendes. Il mène des enquêtes et peut ordonner des mesures, comme modifier, suspendre ou cesser un traitement, ou détruire des données (articles 49 et 51).

nLPD et RGPD

Beaucoup d’entreprises relèvent des deux lois : la nLPD pour les personnes en Suisse, le RGPD pour les personnes dans l’UE. Les deux sont proches, et la Commission européenne reconnaît à la Suisse un niveau de protection adéquat, mais les détails diffèrent. Voir le guide RGPD pour le côté européen.

nLPD et RGPD comparés (points choisis)
SujetnLPDRGPD
Entrée en vigueurLoi révisée depuis le 1er septembre 2023Depuis le 25 mai 2018
Base légalePas d’exigence générale pour les entreprises privées ; un motif justificatif est nécessaire en cas d’atteinte illicite à la personnalitéUne base licite pour chaque traitement (article 6)
Annonce des violationsAu PFPDT dans les meilleurs délais, en cas de risque élevé probableÀ l’autorité de contrôle dans les 72 heures, sauf risque improbable
AmendesJusqu’à 250 000 francs pour les personnes responsablesJusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial, pour l’organisation
Délai de réponse à une demande d’accès30 joursUn mois, prolongeable de deux mois
Registre des traitementsDispense sous 250 collaborateurs, sauf traitement à risque élevéDispense sous 250 employés, sauf traitement à risque, régulier ou portant sur des catégories particulières
Délégué à la protection des donnéesConseiller facultatifObligatoire dans des cas définis
Représentant des entreprises étrangèresArticle 14Article 27

Piloter la nLPD dans Acuna GRC

Dans Acuna GRC, un administrateur coche la nLPD sur la page des lois sur la protection des données dans Comply, et le RGPD s’il s’applique aussi. Un seul registre des traitements dans Data Privacy porte alors les deux lois, avec une base légale pour chacune sur chaque activité. La présélection indique quand une analyse d’impact est requise, l’assistant de violation enregistre les activités, actifs et fournisseurs touchés dans un seul dossier, et les demandes d’accès arrivent par votre portail de confidentialité avec leur propre échéance. Le compte à rebours de violation de Data Privacy compte 72 heures, le délai du RGPD : sous la nLPD, votre équipe fixe le délai qu’elle se donne.

Cookie Manager garde la preuve du choix de chaque visiteur en matière de cookies, et les sous-traitants sont les tiers que vous évaluez dans TPRM. Voir le logiciel de conformité nLPD pour son fonctionnement dans votre équipe, avec des experts suisses disponibles comme DPO.

Comment piloter la nLPD dans Acuna GRC ?

Acuna GRC réunit votre registre des activités de traitement, vos AIPD, les demandes des personnes concernées et les annonces de violation dans un même registre, et évalue les sous-traitants qui traitent des données personnelles pour vous.

nLPD: questions fréquentes.

Réponses associées

Questions que les praticiens se posent.

Qu’est-ce qui rend une bannière cookies conforme ?

Une bannière cookies conforme ne dépose aucun cookie facultatif avant le choix du visiteur, rend le refus aussi simple que l’acceptation, explique chaque finalité avant le choix et permet de modifier ou de retirer ce choix à tout moment. Dans l’UE, ces règles découlent de l’article 5(3) de la directive ePrivacy et de la définition du consentement du RGPD. Le droit suisse demande moins : informer le visiteur et lui permettre de refuser.

Qu’est-ce qui vaut preuve du consentement aux cookies ?

La preuve du consentement aux cookies est un enregistrement qui montre ce que le visiteur a choisi, quand, et sous quelle version de la bannière et de la politique cookies, conservé aussi longtemps que vous vous appuyez sur ce consentement. L’article 7(1) du RGPD exige de pouvoir démontrer le consentement. Une bannière seule ne prouve rien : la preuve, c’est le journal de chaque choix et le texte que le visiteur a vu.

Check-list de conformité nLPD : que vérifier ?

Une check-list nLPD reprend les obligations de la loi fédérale sur la protection des données révisée, en vigueur depuis le 1er septembre 2023 : savoir ce que vous traitez, informer les personnes, tenir un registre des activités de traitement, évaluer les traitements à risque élevé, sécuriser les données, encadrer vos sous-traitants, vérifier les communications à l’étranger, répondre aux demandes d’accès dans les 30 jours et annoncer au PFPDT, dès que possible, les violations à risque élevé. Acuna GRC tient ces registres et ces délais dans son module Data Privacy.

Le RGPD s’applique-t-il en Suisse ?

Parfois. Le RGPD s’applique à une entreprise suisse lorsqu’elle a un établissement dans l’UE, ou lorsqu’elle offre des biens ou des services à des personnes dans l’UE ou suit leur comportement dans l’UE (article 3(2)). Elle peut alors devoir désigner un représentant dans l’UE selon l’article 27. Une entreprise suisse qui n’a que des clients en Suisse suit la nLPD. Les données circulent librement de l’UE vers la Suisse, car l’UE reconnaît la protection suisse comme adéquate. Acuna GRC applique les deux lois au même registre des traitements.

Pourquoi la résidence des données compte-t-elle en GRC ?

La résidence des données désigne le choix du pays ou de la région où vos données sont stockées. Elle compte pour les données de gouvernance, risques et conformité, car une plateforme GRC contient certaines de vos informations les plus sensibles : registres des risques, vulnérabilités ouvertes, incidents, constats d’audit, évaluations de fournisseurs et données personnelles du personnel et des personnes concernées. Le lieu de stockage détermine quelles lois et quelles autorités peuvent y accéder et quelles règles de transfert s’appliquent. Acuna GRC héberge vos données en Suisse, dans l’UE ou aux États-Unis, selon votre choix.

Le DPO peut-il être externe ?

Oui. L’article 37(6) du RGPD permet que le délégué à la protection des données soit un membre du personnel ou exerce ses missions sur la base d’un contrat de service : un DPO externalisé est donc pleinement admis. Le DPO doit avoir une expertise en droit de la protection des données, agir en toute indépendance, rendre compte au plus haut niveau de la direction et n’avoir aucun conflit d’intérêts. Selon la nLPD, nommer un conseiller à la protection des données est facultatif, et il peut aussi être externe. Avec le service DPO externalisé, des experts suisses mènent le travail avec vous dans Acuna GRC.

Comment la Suisse réglemente-t-elle l’IA ?

La Suisse n’a pas de loi sur l’IA. En février 2025, le Conseil fédéral a décidé de ratifier la Convention du Conseil de l’Europe sur l’IA et de la mettre en œuvre surtout par des adaptations ciblées et sectorielles du droit existant, complétées par des mesures non contraignantes, avec un projet mis en consultation annoncé pour fin 2026. D’ici là, le droit existant s’applique à l’IA, d’abord la nLPD, qui couvre l’IA traitant des données personnelles. Les entreprises suisses qui vendent de l’IA dans l’UE ou dont les résultats d’IA y sont utilisés relèvent aussi de l’AI Act. Acuna GRC tient un seul registre des systèmes d’IA pour les deux.

nLPD

Un seul registre pour la nLPD et le RGPD.

Acuna GRC tient un seul registre des traitements pour les deux lois, avec les analyses d’impact, les demandes d’accès, les violations, le consentement aux cookies et les sous-traitants reliés.

Conçu pour :RSSIResponsables conformitéMSSP